LA PROSPECTIVE DE LA CRE PUBLIE UN RAPPORT : « COMMENT GERER LES NOUVEAUX EQUILIBRES DYNAMIQUES ENTRE L’OFFRE ET LA DEMANDE D’ENERGIE? »

La Prospective de la CRE s’est intéressée aux nouvelles conditions pour permettre l’équilibre entre offre et  demande d’électricité qui doit être repensée avec l’intégration des énergies renouvelables et l’électrification des usages. Le rapport Co-présidé par Anne-Sophie PERRISSIN-FABERT, Délégué Générale d’IGNES, et Frédéric GONAND, Professeur d’économie à l’Université Paris Dauphine-PSL, met notamment en évidence le rôle que vont jouer le stockage et le pilotage de la consommation grâce aux équipements connectés.  Il met en lumière la nécessité d’une coordination rapprochée des secteurs de l’énergie, du bâtiment ou encore des transports. Il formule plusieurs préconisations pour lever les freins et massifier le déploiement de la flexibilité de la consommation.

Les déséquilibres entre l’offre et la demande sur les réseaux d’électricité ont évolué avec le développement des énergies renouvelables intermittentes (notamment photovoltaïque et éolien).  De nouveaux besoins de flexibilité à la hausse comme à la baisse apparaissent avec pour particularité une temporalité courte, principalement le jour « J » et les jours qui précèdent. On peut qualifier cette flexibilité de « dynamique »

La gestion de ces nouveaux équilibres implique le recours à la flexibilité de la consommation, réactive, en jouant sur les gisements offerts par le stockage et le pilotage de la demande. Ces gisements se trouvent en particulier dans la consommation du bâtiment et pour la mobilité, qui devraient s’accroître avec la nécessaire électrification des usages.

Le rapport souligne que la coordination entre les acteurs de l’énergie et les secteurs des bâtiments et des transports, devient une condition à l’équilibrage du système électrique. En effet, ces secteurs sont d’importants pourvoyeurs de gisement grâce au pilotage des équipements électriques du bâtiment (chauffages, chauffe-eau…) et de la recharge du véhicule (Vehicle to Grid).

Cette meilleure coordination passe par la gestion efficace des échanges de données numériques entre équipements électriques et acteurs de l’énergie. Concrètement, le rapport propose de standardiser les échanges de données, notamment tarifaires, entre les différents acteurs (client, équipementier, fournisseur, agrégateur, opérateur d’effacement, etc.).

Cette recommandation doit permettre aux équipements de pilotage (ex. gestionnaire d’énergie) de « lire » les signaux tarifaires, sans intervention humaine, pour assurer une gestion automatisée des équipements électriques.

La constitution d’une masse critique d’appareils aptes à la flexibilité constitue une condition pour moduler ou décaler un volume suffisant de consommations répondant aux besoins d’équilibrage. Le déploiement à grande échelle des équipements connectés et intelligents en particulier dans le bâtiment devient ainsi un essentiel.

Elle est également une opportunité pour notre économie alors que la France bénéficie d’une filière souveraine du pilotage de l’énergie.

Le rapport formule plusieurs préconisations pour inciter à cette massification et notamment :

  • une fluidification du parcours client par le partage des données tarifaires 
  • le conditionnement des dispositifs de soutien en faveur des équipements à l’intégration de capacité de pilotabilité
  • la création d’un indicateur repère à destination du consommateur pour les équipements du bâtiment
  • la mise en place d’un cadre cyber protecteurs et rassurant

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