Étude IGNES-CSTB Logement collectif

Étude IGNES-CSTB – Logement collectif

Pilotage connecté dans le logement collectif : résultats de l’étude IGNES–CSTB

Économies d’énergie, confort d’été et bilan carbone : l’étude réalisée par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) pour IGNES, publiée en octobre 2026, évalue les bénéfices du pilotage connecté dans les appartements dotés d’un chauffage et d’une production d’eau chaude sanitaire (ECS) individuels. Plus de 250 simulations numériques permettent de comparer les performances selon l’isolation du logement, les équipements ou encore la position du logement dans l’immeuble.

Consulter l’étude complète (PDF)

Les trois grands enseignements de l’étude

  • Jusqu’à 30 % d’économies d’énergie annuelles dans les configurations simulées.
  • Jusqu’à 65 % de réduction de l’intensité des inconforts en été grâce au pilotage automatique des protections solaires.
  • Un investissement carbone globalement compensé par les émissions évitées, avec des résultats variables selon les logements.
30 %Jusqu’à 30 % d’économies d’énergie
65 %Jusqu’à 65 % de réduction de l’inconfort d’été
0,7 tJusqu’à 0,7 tonne de CO₂ économisée par an
250+Plus de 250 simulations

Source : étude IGNES réalisée par le CSTB, octobre 2026. Résultats issus de simulations, variables selon les configurations.

Ces résultats sont issus de scénarios modélisés et ne constituent pas une garantie de performance individuelle.

Qu’est-ce qu’un système global de pilotage connecté dans un appartement ?

Un système de pilotage connecté repose sur un gestionnaire d'énergie – modulaire ou en ambiance – relié aux équipements du logement. Il coordonne notamment le chauffage et la climatisation, la production d'eau chaude sanitaire et les volets roulants/stores. Il permet de régler les températures pièce par pièce, d'adapter le fonctionnement à la présence des occupants, de programmer les équipements et d'automatiser les protections solaires dans le respect des consignes de confort de l’occupant et en lui laissant la possibilité de reprendre la main à tout instant.

L'étude compare ce pilotage à deux situations sans pilotage global connecté : une configuration « Base », avec une régulation du chauffage peu avancée, et une configuration « Base + », déjà équipée d'un thermostat programmable et d'une régulation plus performante.

Jusqu’à 30 % d’économies d’énergie dans le logement collectif

Selon l’étude IGNES-CSTB, le pilotage connecté peut réduire jusqu’à 30 % la consommation énergétique annuelle d’un appartement doté d’un chauffage et d’une production d’ECS individuels, sur les cinq usages réglementaires considérés.

Les économies simulées varient selon l’époque de construction et le scénario de référence :

Type d’appartementScénario de référenceÉconomies d’énergie annuelles grâce au pilotage connecté
Isolé (avant 1974)Base5,6 à 23,7%
Isolé (avant 1974)Base +4,2 à 11,9%
Très peu isolé (1975–1989)Base11,4 à 30 %
Très peu isolé (1975–1989)Base +4,7 à 18 %
Isolé (après 2012)Base +2,2 à 13,1 %

Le pilotage global agit sur la température de chauffage ou de climatisation pièce par pièce, les plages de fonctionnement, les volets roulants et, lorsqu’il existe, le ballon d’eau chaude.

→ Découvrir l’étude IGNES–CSTB sur la maison individuelle.

Pourquoi la position de l’appartement dans l’immeuble compte-t-elle ?

Les appartements sous les toits et ceux situés au rez-de-chaussée au-dessus d’un parking présentent généralement des gains énergétiques apportés par les solutions de pilotage plus importants car ils sont plus consommateurs que les logements intermédiaires. Ces derniers sont davantage protégés par les logements voisins et ont des besoins de chauffage plus faibles, tandis que leur consommation d’ECS sont similaires.

L’orientation modifie les consommations, notamment par les apports solaires, mais les gains relatifs du pilotage sont similaires quelle que soit l’orientation dans les configurations étudiées.

Confort d’été : jusqu’à 65 % de réduction de l’intensité des inconforts

Le pilotage automatique des volets roulants limite les apports solaires et contribue à réduire la surchauffe des appartements. Dans les simulations, la réduction de l’intensité des inconforts estivaux atteint jusqu’à 65 %, selon la configuration.

Deux configurations illustrent les réductions de l’indicateur d’inconfort estival (en degrés-heures) :

ConfigurationScenario de reference (Base +)Avec pilotage globalRéduction de l’inconfort
Très peu isolé (1975–1989), dernier étage, sud-ouest, zone H1598 degrés-heures208 degrés-heures65 %
Isolé (après 2012), étage intermédiaire, zone H31 432 degrés-heures659 degrés-heures54 %

Les degrés-heures mesurent le cumul de la durée et de l’intensité des dépassements d’un seuil de confort. Les degrés-heures de l’étude ne sont pas directement comparables aux degrés-heures de la méthode RE2020 en raison des différences méthodologiques (modélisation pièce par pièce, à un pas de temps fin par exemple).

→ Adapter le bâti aux fortes chaleurs.

→ Découvrir l’étude IGNES–Pouget sur les logements exposés à la chaleur.

Quel bilan carbone pour le pilotage connecté en appartement ?

Le pilotage peut générer une économie allant jusqu’à 0,7 tonne de CO2 par an. Sur l'ensemble du cycle de vie étudié (20 ans), les émissions liées à la fabrication, à l'installation et au remplacement des équipements, ainsi qu'aux services numériques associés, d’un système global de pilotage sont ainsi globalement compensées en tout ou partie par les émissions évitées grâce aux économies d'énergie.

Contrairement aux idées reçues, les services numériques ne représentent qu’une faible part de l’empreinte carbone des solutions de pilotage connecté. Cette composante englobe les échanges de données, les applications utilisées par les occupants et les infrastructures numériques mobilisées pour leur fonctionnement (serveurs, stockage et réseaux de communication). L’ensemble de ces usages pèse moins de 9 % de l’empreinte carbone totale de ces solutions.

Les exemples de réductions annualisées des émissions de gaz à effet de serre sont les suivants :

ConfigurationChauffageRéduction annualisée des émissions
Très peu isolé (1975–1989), sous toiture, orienté sud-est, Zone H1aChaudière gaz306 kg CO₂eq
Très peu isolé (1975–1989), sous toiture, orienté sud-est, Zone H1aConvecteurs électriques116 kg CO₂eq
Très peu isolé (1975–1989), sous toiture, orienté sud-est, Zone H3PAC air/air + convecteurs électriques60 kg CO₂eq

L’étude indique aussi que certains logements peu consommateurs et alimentés par des énergies décarbonées ne présentent pas de bénéfice carbone direct.

Comment l’étude CSTB–IGNES a-t-elle été réalisée ?

Plus de 250 simulations numériques ont été effectuées sur un appartement de trois pièces principales, de 66 m², occupé par une famille de trois personnes et disposant d’un chauffage individuel.

L’étude combine trois zones climatiques (H1a, H2b et H3), trois positions dans l’immeuble, plusieurs orientations, quatre périodes de construction (avant 1974, 1975–1989, 1990–2005 et après 2012) et différentes solutions de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire.

Les résultats proviennent de scénarios modélisés.

Questions fréquentes sur le pilotage connecté en logement collectif

Combien d’énergie peut-on économiser ?

L'étude IGNES réalisée par le CSTB d’octobre 2026 montre jusqu'à 30 % d'économies annuelles dans certains scénarios. Le gain dépend notamment de l'isolation du logement, son positionnement dans l’immeuble, des équipements et du niveau de régulation initial du logement.

Quelle différence entre un thermostat programmable et un pilotage connecté global ?

Un thermostat programmable organise les périodes de chauffe et ne concerne donc que le chauffage. Le pilotage global étudié va plus loin en coordonnant les générateurs de chauffage ou de climatisation (pompe à chaleur, chaudière), les radiateurs avec un pilotage pièce par pièce, les ballons d'eau chaude sanitaire et les protections solaires (ex : volets roulants, stores, brise-soleil orientables), avec des fonctions d'automatisation et de détection de présence.

Le pilotage connecté fonctionne-t-il dans un appartement ancien ?

Oui, les simulations montrent des gains significatifs dans les appartements anciens, avec des amplitudes variables selon le type d’équipement de chauffage notamment. Ainsi, par rapport à une chaudière gaz double service (production d'ECS instantanée sans ballon de stockage), un logement équipé de radiateurs et d'un ballon d'eau chaude électriques génère davantage d'économies d'énergie.

Le pilotage des volets roulants améliore-t-il le confort d'été ?

Oui, si elle est automatisée, la gestion des volets roulants permet une baisse de l’intensité des inconforts d’été jusqu’à 65 % dans les scénarios étudiés.

Le bilan carbone est-il toujours positif ?

L’impact carbone sur l’ensemble du cycle de vie du système de pilotage connecté est globalement compensé par les émissions évitées grâce aux économies d'énergie. Selon les configurations, il est en tout ou partie compensé.

Dans certains cas, notamment dans les logements consommant peu et fonctionnant avec des systèmes énergétiques décarbonés, le système de pilotage connecté n'apporte pas de bénéfice carbone direct dans le logement. Le pilotage connecté ne se résume pas à la maîtrise de l’énergie. Il apporte également davantage de confort et de simplicité dans l’utilisation du logement. Ces solutions jouent aussi un rôle important pour favoriser l’autonomie des personnes en situation de handicap et permettre aux personnes âgées de vivre plus longtemps à leur domicile.

Cette étude concerne-t-elle le chauffage collectif ?

Non. Le logement de référence est équipé d’un système de chauffage individuel.

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Source : étude IGNES réalisée par le CSTB, publiée en octobre 2026.