Étude IGNES-CSTB Maison individuelle

Pilotage connecté dans la maison individuelle : résultats de l’étude IGNES–CSTB

Économies d’énergie, confort d’été, bilan carbone et flexibilité électrique : l’étude réalisée pour IGNES par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), publiée en juin 2025, évalue les bénéfices d’un système global de pilotage connecté dans une maison individuelle. Fondée sur plus de 1 500 simulations numériques, elle éclaire les gains dans les logements anciens comme récents.

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Les quatre grands enseignements de l’étude

  • Jusqu’à 30 % d’économies d’énergie annuelles selon les configurations simulées.
  • Jusqu’à 50 % de réduction de l’intensité des inconforts en été grâce au pilotage automatique des protections solaires.
  • Un investissement carbone rentable dans les maisons non isolées.
  • Des gains économiques grâce à la flexibilité électrique, sans surconsommation d’énergie.
30 %Jusqu’à 30 % d’économies d’énergie
50 %Jusqu’à 50 % de réduction de l’inconfort d’été
1 tonneJusqu’à 1 tonne de CO₂ économisée
1 500+Plus de 1 500 simulations

Source : étude CSTB–IGNES, juin 2025. Résultats issus de simulations, variables selon les configurations et les scénarios de référence.

Ces résultats sont issus de simulations numériques : ils varient selon le logement, ses équipements et le scénario de référence. Ils ne constituent pas une garantie de performance individuelle.

Qu'est-ce qu'un système global de pilotage connecté dans une maison ?

Un système de pilotage connecté repose sur un gestionnaire d'énergie - modulaire ou en ambiance - relié aux équipements du logement. Il coordonne notamment le chauffage et la climatisation, la production d'eau chaude sanitaire et les volets roulants. Il permet de régler les températures pièce par pièce, d'adapter le fonctionnement à la présence des occupants, de programmer les équipements et d'automatiser les protections solaires dans le respect des consignes de confort de l’occupant et en lui laissant la possibilité de reprendre la main à tout instant.

L'étude compare ce pilotage à deux situations sans pilotage global connecté : une configuration « Base », avec une régulation du chauffage peu avancée, et une configuration « Base + », déjà équipée d'un thermostat programmable et d'une régulation plus performante.

Jusqu'à 30 % d'économies d'énergie grâce au pilotage connecté

Dans les simulations de l’étude IGNES réalisée par le CSTB, le système global de pilotage permet jusqu’à 30 % d’économies d’énergie annuelles sur les usages réglementaires étudiés (hors climatisation).

Les gains varient selon le type de maison et le scénario de référence :

Type de maisonScénario de référenceÉconomies annuelles grâce au pilotage connecté
Non isolée (avant 1974)« Base »16 à 30,5 %
Non isolée (avant 1974)« Base + »8 à 19 %
Isolée (après 2012)« Base + »7,5 à 16 %

Les économies dépendent du niveau d'isolation, du mode de chauffage et du système de production d'eau chaude. Les facteurs déterminants sont la régulation fine du chauffage dans chaque pièce, la programmation de la température pièce par pièce, la gestion de la température du ballon d'eau chaude et l'ouverture automatisée des volets pour profiter des apports solaires en hiver.

Chauffage et eau chaude : quels équipements contribuent aux économies ?

Sur le seul poste chauffage, les économies simulées peuvent atteindre 38 % par rapport au scénario « Base ». Elles sont dues à la gestion fine de la température pièce par pièce, aux baisses de la température la nuit dans les chambres et à l'automatisation des volets roulants qui agissent de façon complémentaire.

Sur le seul poste de l'eau chaude sanitaire, des économies allant jusqu'à 31 % avec un chauffe-eau thermodynamique par rapport au scénario « Base » peuvent être réalisées. Elles s’expliquent par l’abaissement de la température de consigne du ballon et l'arrêt du ballon lors d'absences prolongées.

Ces valeurs concernent la consommation d’énergie de l'usage considéré, et non la facture énergétique totale.

→ En savoir plus sur la régulation et le pilotage du chauffage.

Confort d'été : jusqu'à 50 % de réduction de l'intensité des inconforts

Le pilotage automatique des volets roulants permet de réduire jusqu'à 50 % l'intensité des inconforts chauds en été dans les scénarios simulés. En limitant les apports solaires au bon moment, les protections solaires pilotées contribuent à limiter la surchauffe, y compris dans les maisons récentes.

Dans les simulations portant sur une maison isolée (niveau RT2012) non climatisée, le pilotage automatique des protections solaires réduit l’indicateur d’inconfort d’été par rapport au scénario « Base + » :

Zone climatiqueSans pilotage global (« Base + »)Avec pilotage globalRéduction
H1a1 367 degrés-heures674 degrés-heures50 %
H36 525 degrés-heures3 293 degrés-heures49,5 %

Les degrés-heures mesurent le cumul de la durée et de l’intensité des dépassements d’un seuil de confort. Les degrés-heures de l’étude ne sont pas directement comparables aux degrés-heures de la méthode RE2020 en raison des différences méthodologiques (modélisation pièce par pièce, à un pas de temps fin, par exemple).

→ Adapter le bâti aux fortes chaleurs.

Quel bilan carbone pour les systèmes de pilotage connecté ?

Les résultats de l'étude montrent que le bilan carbone des systèmes de pilotage connecté est positif dans les maisons non isolées analysées. Sur l'ensemble du cycle de vie étudié (20 ans), les émissions liées à la fabrication, à l'installation et au remplacement des équipements, ainsi qu'aux services numériques associés, sont compensées par la réduction des consommations énergétiques qu'elles permettent. Le pilotage génère ainsi une économie allant jusqu’à 1 tonne de CO2 par an dans les maisons non isolées étudiées.

La contribution des services numériques demeure marginale dans l'empreinte carbone globale de ces solutions. Elle intègre notamment les échanges de données entre les équipements, les applications de pilotage utilisées par les occupants, ainsi que les infrastructures numériques mobilisées (serveurs, stockage et réseaux de communication). Au total, ces usages représentent moins de 9 % de l'empreinte carbone des solutions de pilotage connecté installées.

Cette part relativement faible montre que l'impact environnemental du numérique associé au pilotage reste inférieur aux bénéfices obtenus grâce aux économies d'énergie réalisées tout au long de la vie du bâtiment.

Système de chauffageGains carbone nets annualisés
Chaudière gazEnviron 830 kg CO₂eq
Convecteurs électriquesEnviron 230 kg CO₂eq
Pompe à chaleur air/eauEnviron 40 kg CO₂eq

À l'inverse, dans les maisons récentes bien isolées utilisant des énergies décarbonées, le poids carbone total cycle de vie du système global de pilotage n’est pas totalement compensé par les gains carbone liés aux économies d’énergie générées.

Flexibilité électrique : décaler les consommations pour gagner encore davantage sur sa facture d’énergie

Le pilotage des équipements permet de bénéficier de la flexibilité électrique en coordonnant les équipements électriques, notamment le chauffage, le ballon d'eau chaude et la recharge de véhicule électrique, afin de déplacer ces usages vers les heures les moins chères du tarif de l’électricité.

Ces décalages permettent de réduire la facture d'électricité en consommant aux meilleurs moments, sans engendrer de surconsommation d'énergie, quel que soit le modèle de flexibilité. Dans certains cas, il y a même une diminution des consommations, affectant toutefois ponctuellement le confort.

→ En savoir plus sur la flexibilité électrique dans le bâtiment.

Comment l'étude IGNES réalisée par le CSTB a-t-elle évalué ces bénéfices ?

Le CSTB a réalisé plus de 1 500 simulations numériques sur une maison individuelle de plain-pied de 100 m² et quatre pièces principales. Les configurations couvrent huit zones climatiques, huit périodes de construction, plusieurs systèmes de chauffage et de production d'eau chaude, ainsi que différents profils et rythmes d'occupation à travers deux types de ménages (famille avec enfants et couple de retraités). Les résultats décrivent donc des scénarios modélisés et ne constituent pas une garantie de performance pour chaque logement réel.

Questions fréquentes sur le pilotage connecté

Combien d'énergie peut-on économiser avec un pilotage connecté ?

L'étude IGNES réalisée par le CSTB de juin 2025 montre jusqu'à 30 % d'économies annuelles dans certains scénarios. Le gain dépend notamment de l'isolation du logement, des équipements et du niveau de régulation initial du logement.

Quelle différence entre un thermostat programmable et un pilotage connecté global ?

Un thermostat programmable organise les périodes de chauffe et ne concerne donc que le chauffage. Le pilotage global étudié va plus loin en coordonnant les générateurs de chauffage ou de climatisation (pompe à chaleur, chaudière), les radiateurs avec un pilotage pièce par pièce, les ballons d'eau chaude sanitaire et les protections solaires (ex. : volets roulants, stores, brise-soleil orientables), avec des fonctions d'automatisation et de détection de présence.

Le pilotage des volets roulants améliore-t-il le confort d'été ?

Oui, si elle est automatisée, la gestion des volets roulants permet une baisse de l’intensité des inconforts d’été jusqu’à 50 % dans les scénarios étudiés.

Les systèmes connectés réduisent-ils toujours les émissions de CO₂ ?

L'étude identifie des gains nets dans les maisons non isolées, mais pas de bénéfice carbone direct dans les maisons récentes bien isolées avec des systèmes énergétiques décarbonés. Mais le système de pilotage a d’autres bénéfices attendus que la seule maîtrise des consommations. Le pilotage connecté est apprécié pour la simplicité d'utilisation qu'il apporte au quotidien et le confort qu'il procure aux occupants du logement. Il est également plébiscité pour faciliter l’autonomie des personnes en situation de handicap et accompagner le vieillissement à domicile.

Peut-on décaler sa consommation d'électricité sans augmenter sa consommation totale ?

Oui. Dans les scénarios de flexibilité testés par le CSTB, le décalage automatique des usages n'entraîne pas de surconsommation. Dans certains cas, il peut même y avoir des baisses de consommation, affectant toutefois ponctuellement le confort.

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Source : étude IGNES réalisée par le CSTB, publiée en juin 2025.